lundi 2 août 2010

A Lutèce voguant aux aurores de nacre
Clocher, sonne là-haut la cloche des patries
A la cité des rois, des croix, des gueux, des sacres
Que retentisse encore le glas gras des tueries
A la ville lumière éteinte en simulacres
Fous-nous le gros bourdon, beffroi du capital
Carillons sonnez tous à cette capitale
Que la guerre épargna et que la paix massacre

Ton Pastis, je le bois dans tes pluies
Montparis
Ton azur, je m'y noie autour de mes nuits
Montparis
Jusque dans tes rats, tu sais que tu m'auras
Montparis
J'te promets, chiche que dans tes îles
J'vais te faire un Brésil
Parie!
L'aile de tes ponts inonde mon front
D'une encre d'esprit
Montparis
Même quand le Pont-Neuf, pauvre Ravaillac
Descend Henri IV
J'aime ta chanson sur tes cents mille scènes
Montparis
Je t'aimerai avant que j'exhale
Ma dernière halle
Parie

De mon sud suant son soleil noir,
Tu m'aspirais, Paname
Auberge étoilée où s'attablaient
Les affamés de flammes
Port étincelant, où débarquaient
Tous les marins de l'âme,
J'accourus vers toi, Paris!

Mes souliers sont en cuir de chaussette
Mes chaussette sont en laine de pieds nus
Mais c'était pour mieux déguster
Et tâter et têter
Ta peau Esie
Car, bien sûr, je cherchais les poètes
C'est-à-dire ceux qui baisent avec les nues
Et c'était ici que le grand vent de l'invention
Faisait valser les têtes
Paris

Jérusalem de l'intelligence
Doux murmure des jubilations
Je t'en prie
Oh je t'en prie, oui je t'en prie
Toi qui fus un grain de beauté du monde
Sois grain de bonté du monde
Parie
Au nom de tous ceux qui vivent
Dans le sandwich de tes rives
Ceux qui t'aiment et te salivent
Sans les mots pour qu'on l'écrive,
Les Quasimodos qui claquent
Dans tes flics et dans tes flaques
Sonneront des cloches de Tour Eiffel...

A Lutèce voguant aux aurores de nacre
Clocher, sonne là-haut la cloche des patries
A la cité des rois, des croix, des gueux, des sacres
Que retentisse encore le glas gras des tueries
A la ville lumière éteinte en simulacres
Fous-nous le gros bourdon, beffroi du capital
Carillons sonnez tous à cette capitale
Que la guerre épargna et que la paix massacre

Vieille dame
elle gravit
l'escalier
en hissant
son mouron
vers son île
canari...

Claude NOUGARO.

samedi 17 juillet 2010

Paris : Les Invalides.


Pour toutes les fleurs du béton,
pour tous les gamins de Paris,
j'ai composé cette chanson
pour éclairer leurs sombres nuits.

Pour ceux qui vivent sur le bitume,
qui n'ont jamais vu le gazon,
qui ne connaissent que la brume,
qui n'ont qu'un ciel gris pour plafond.

Ecoutez-moi, les Gavroches,
vous les enfants de la ville,
non Paris n'est pas si moche,
ne pensez plus à l'an 2000.

Ouvrez vos yeux pleins d'innocence
sur un Paris qui vit encore
et qui fera de votre enfance
le plus merveilleux des décors.

Voyez plus loin que l'horizon,
le temps n'a pas tout démoli,
les rues sont pleines de chansons,
les murs ne sont pas toujours gris.

Ecoutez-moi, les Gavroches,
vous les enfants de la ville,
non Paris n'est pas si moche,
ne pensez plus à l'an 2000.

Traînez vos vies dans les ruelles,
dans les vieux bistrots, dans les cours,
et sur les pavés éternels
qui n'ont pas quitté les faubourgs.

Allez respirer sur la Butte
tous les parfums de la Commune,
souvenir de Paris qui lutte,
et qui pleure parfois sous la Lune.

Allez, Ecoutez-moi, les Gavroches,
vous les enfants de ma ville,
non Paris n'est vraiment pas si moche,
ne pensez plus à l'an 2000

RENAUD.

Paris : Pigalle : le Moulin Rouge.


TOULOUSE-LAUTREC.

C'est un' rue
C'est un' place
C'est même tout un quartier,
On en parle, on y passe
On y vient du monde entier.
Perchée au flanc de Paname
De loin elle vous sourit,
Car elle reflète l'âme
La douceur et l'esprit de Paris

Un p'tit jet d'eau
Un' station de métro
Entourée de bistrots,
Pigalle.
Grands magasins
Ateliers de rapins
Restaurants pour rupins,
Pigalle

Là, c'est l'chanteur des carr'fours
Qui fredonn' les succès du jour,
Ici, l'athlète en maillot
Qui soulèv' les poids d'cent kilos,

Hôtels meublés
Discrèt'ment éclairés
Où l'on n'fait que passer,
Pigalle
Et vers minuit
Un refrain qui s'enfuit,
D'une boite de nuit,
Pigalle.

On y croise
Des visages
Communs et sensationnels,
on y parle des langages
Comme à la tour de Babel
Et quand vient le crépuscule
C'est le grand marché d'amour,
C'est le coin où déambulent
Ceux qui prennent la nuit pour le jour.

Girls et mann'quins,
Gitan's aux yeux malins
Qui lisent dans les mains,
Pigalle
Clochards, cam'lots
Tenanciers de bistrots,
Trafiquants de coco,
Pigalle

P'tit's femm's qui vous sourient
En vous disant : "Tu viens chéri "
Et Prosper qui dans un coin
Discrèt'ment surveill' son gagn' pain,

Un p'tit jet d'eau,
Un' station de métro,
Entourée de bistrots,
Pigalle
Ça vit, ça gueul'
Les gens diront c'qu'ils veul'nt
Mais au monde y a qu'un seul
Pigalle.

Georges Ulmer.

Paris : le Cimetière du Père Lachaise.


Ménilmontant mais oui madame
C'est là que j'ai laissé mon cœur
C'est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur...
Quand je revois ma petite église
Où les mariages allaient gaiement
Quand je revois ma vieille maison grise
Où même la brise
Parle d'antan
Elles me racontent
Comme autrefois
De jolis contes
Beaux jours passés je vous revois
Un rendez-vous
Une musique
Des yeux rêveurs tout un roman
Tout un roman d'amour poétique et pathétique
Ménilmontant !

Quand midi sonne
La vie s'éveille à nouveau
Tout résonne
De mille échos
La midinette fait sa dînette au bistro
La pipelette
Lit ses journaux
Voici la grille verte
Voici la porte ouverte
Qui grince un peu pour dire "Bonjour bonjour
Alors te v'là de retour ?"

Ménilmontant mais oui madame
C'est là que j'ai laissé mon cœur
C'est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur...
Quand je revois ma petite gare
Où chaque train passait joyeux
J'entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d'adieux
Je suis pas poète
Mais je suis ému,
Et dans ma tête
Y a des souvenirs jamais perdus
Un soir d'hiver
Une musique
Des yeux très doux les tiens maman
Quel beau roman d'amour poétique
Et pathétique
Ménilmontant !

Charles TRENET.

Paris : Les Bouquinistes.


Paname
On t'a chanté sur tous les tons
Y a plein d'parol's dans tes chansons
Qui parl'nt de qui de quoi d'quoi donc
Paname
Moi c'est tes yeux moi c'est ta peau
Que je veux baiser comme il faut
Comm' sav'nt baiser les gigolos

Paname
Rang' tes marlous rang' tes bistrots
Rang' tes pépées rang' tes ballots
Rang' tes poulets rang' tes autos
Paname
Et viens m'aimer comme autrefois
La nuit surtout quand toi et moi
On marchait vers on n'savait quoi

Paname
Y a des noms d'rues que l'on oublie
C'est dans ces rues qu'après minuit
Tu m'faisais voir ton p'tit Paris
Paname
Quand tu chialais dans tes klaxons
Perdue là-bas parmi les homm's
Tu v'nais vers moi comme un' vraie môm'

Paname
Ce soir j'ai envie de danser
De danser avec tes pavés
Que l'monde regarde avec ses pieds
Paname
T'es bell' tu sais sous tes lampions
Des fois quand tu pars en saison
Dans les bras d'un accordéon

Paname
Quand tu t'habill's avec du bleu
Ça fais sortir les amoureux
Qui dis'nt "à Paris tous les deux"
Paname
Quand tu t'habill's avec du gris
Les couturiers n'ont qu'un souci
C'est d'fout' en gris tout's les souris

Paname
Quand tu t'ennuies tu fais les quais
Tu fais la Seine et les noyés
Ça fait prend' l'air et ça distrait
Paname
C'est fou c'que tu peux fair' causer
Mais les gens sav'nt pas qui tu es
Ils viv'nt chez toi mais t'voient jamais

Paname
L'soleil a mis son pyjama
Toi tu t'allum's et dans tes bas
Y a m'sieur Haussmann qui t'fait du plat
Paname
Monte avec moi combien veux-tu
Y a deux mille ans qu't'es dans la rue
Des fois que j'te r'fasse un' vertu

Paname
Si tu souriais j'aurais ton charme
Si tu pleurais j'aurais tes larmes
Si on t'frappait j'prendrais les armes
Paname
Tu n'es pas pour moi qu'un frisson
Qu'une idée qu'un' fille à chansons
Et c'est pour ça que j'crie ton nom
Paname, Paname, Paname, Paname...



Léo FERRE.

Paris : La Sainte - Chapelle.


Paris-Québec y a pas de géants dans le ciel
Paris-Québec dans ma mémoire tout est fidèle
Entre vous deux toutes les vagues de la mer
La nuit danse sous mes paupières
Paris-Québec

Paris-Québec du St-Laurent jusqu'à la Seine
Paris-Québec dans les coulisses ou sur la scène
Si mon cœur bat, il bat au rythme de vous deux
Je ne pourrai pas trouver mieux
Pas trouver mieux

{Refrain:}
C'est à Paris que je m'ennuie de Montréal
Même si la pluie est plus jolie qu'un ciel d'étoiles
A Montréal je pense à toi
Toi le Paris qui m'a sourit la première fois

Paris-Québec de Ste-Catherine à St-Michel
Paris-Québec sa violone et sa violoncelle
Je nous partage pour un peu mieux vous réunir
Entre deux larmes et un sourire
Paris-Québec

Paris-Québec quand je pars pour un long voyage
Paris-Québec je vous emmène dans mes bagages
J'ai pour passeport une première à l'Olympia
Place des arts un soir de gala
Paris-Québec

{au Refrain}

Paris-Québec accent pointu ou accent grave
Paris-Québec j'ai mis mes amours en escale
Entre vous deux il y a un monde de musique
Des deux côtés de l'Atlantique
Paris-Québec


Ginette RENO.

Paris : Notre-Dame.


Sous le ciel de Paris
S'envole une chanson
Hum Hum
Elle est née d'aujourd'hui
Dans le cœur d'un garçon
Sous le ciel de Paris
Marchent des amoureux
Hum Hum
Leur bonheur se construit
Sur un air fait pour eux

Sous le pont de Bercy
Un philosophe assis
Deux musiciens quelques badauds
Puis les gens par milliers
Sous le ciel de Paris
Jusqu'au soir vont chanter
Hum Hum
L'hymne d'un peuple épris
De sa vieille cité

Près de Notre Dame
Parfois couve un drame
Oui mais à Paname
Tout peut s'arranger
Quelques rayons
Du ciel d'été
L'accordéon
D'un marinier
L'espoir fleurit
Au ciel de Paris

Sous le ciel de Paris
Coule un fleuve joyeux
Hum Hum
Il endort dans la nuit
Les clochards et les gueux
Sous le ciel de Paris
Les oiseaux du Bon Dieu
Hum Hum
Viennent du monde entier
Pour bavarder entre eux

Et le ciel de Paris
A son secret pour lui
Depuis vingt siècles il est épris
De notre Ile Saint Louis
Quand elle lui sourit
Il met son habit bleu
Hum Hum
Quand il pleut sur Paris
C'est qu'il est malheureux
Quand il est trop jaloux
De ses millions d'amants
Hum Hum
Il fait gronder sur nous
Son tonnerr' éclatant
Mais le ciel de Paris
N'est pas longtemps cruel
Hum Hum
Pour se fair' pardonner
Il offre un arc en ciel

Yves MONTAND.

Paris : Place de la Concorde.


Je suis l'dauphin d'la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d'balais

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les travestis vont se raser
Les stripteaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n'est plus qu'une carcasse

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

La tour Eiffel a froid aux pieds
L'Arc de Triomphe est ranimé
Et l'Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night, regagne les cars
Les boulangers font des bâtards

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C'est l'heure où je vais me coucher

Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n'ai pas sommeil

Jacques DUTRONC.

Paris : l'Hôtel de Ville


A Paris
Quand un amour fleurit
Ça fait pendant des semaines
Deux cœurs qui se sourient
Tout ça parce qu'ils s'aiment
A Paris

Au printemps
Sur les toits les girouettes
Tournent et font les coquettes
Avec le premier vent
Qui passe indifférent
Nonchalant

Car le vent
Quand il vient à Paris
N'a plus qu'un seul souci
C'est d'aller musarder
Dans tous les beaux quartiers
De Paris

Le soleil
Qui est son vieux copain
Est aussi de la fête
Et comme deux collégiens
Ils s'en vont en goguette
Dans Paris

Et la main dans la main
Ils vont sans se frapper
Regardant en chemin
Si Paris a changé

Y a toujours
Des taxis en maraude
Qui vous chargent en fraude
Avant le stationnement
Où y a encore l'agent
Des taxis

Au café
On voit n'importe qui
Qui boit n'importe quoi
Qui parle avec ses mains
Qu'est là depuis le matin
Au café

Y a la Seine
A n'importe quelle heure
Elle a ses visiteurs
Qui la regardent dans les yeux
Ce sont ses amoureux
A la Seine

Et y a ceux
Ceux qui ont fait leur nid
Près du lit de la Seine
Et qui se lavent à midi
Tous les jours de la semaine
Dans la Seine

Et les autres
Ceux qui en ont assez
Parce qu'ils en ont vu de trop
Et qui veulent oublier
Alors y se jettent à l'eau
Mais la Seine

Elle préfère
Voir les jolis bateaux
Se promener sur elle
Et au fil de son eau
Jouer aux caravelles
Sur la Seine

Les ennuis
Y'en a pas qu'à Paris
Y'en a dans le monde entier
Oui mais dans le monde entier
Y a pas partout Paris
V'là l'ennui

A Paris
Au quatorze juillet
A la lueur des lampions
On danse sans arrêt
Au son de l'accordéon
Dans les rues

Depuis qu'à Paris
On a pris la Bastille
Dans tous les faubourgs
Et à chaque carrefour
Il y a des gars
Et il y a des filles
Qui sur les pavés
Sans arrêt nuit et jour
Font des tours et des tours
A Paris

Yves MONTAND.

vendredi 16 juillet 2010

Paris : place de la Contrescarpre.


Paris marlou
Aux yeux de fille
Ton air filou
Tes vieilles guenilles
Et tes gueulantes
Accordéon
Ça fait pas d'rentes
Mais c'est si bon
Tes gigolos
Te déshabillent
Sous le métro
De la Bastille
Pour se saouler
A tes jupons
Ça fait gueuler
Mais c'est si bon

Brins des Lilas
Fleurs de Pantin
Ça fait des tas
De p'tits tapins
Qui font merveille
En tout'saison
Ça fait d'l'oseille
Et s'est si bon
Dédé-la-croix
Bébert d'Anvers
Ça fait des mois
Qu'ils sont au vert
Alors ces dames
S'font un' raison
A s'font bigames
Et c'est si bon

Paris bandit
Aux mains qui glissent
T'as pas d'amis
Dans la police
Dans ton corsage
De néon
Tu n'es pas sage
Mais c'est si bon
Hold-up savants
Pour la chronique
Tractions avant
Pour la tactique
Un p'tit coup sec
Dans l'diapason
Rang' tes kopecks
Sinon Ces bon

A la la une
A la la deux
Fil'-moi trois thunes
Y te verrai mieux
La tout' dernière
Des éditions
Tes en galère
Mais c'est si bon
A la la der
A la la rien
T'es un gangster
A la mie d'pain
Faut être adroit
Pour fair'carton
La prochain' fois
Tu s'ras p'têt'bon

Paris j'ai bu
A la voix grise
Le long des rues
Tu vocalises
Y a pas d'espoir
Dans tes haillons
Seul'ment l'trottoir
Mais c'est si bon
Tes vagabonds
Te font des scènes
Mais sous tes ponts
Coule la Seine
Pour la romance
A illusion
Y a d'l'affluence
Mais c'est si bon.

Môm's égarées
Dans les faubourgs
Prairie pavée
Où pouss'l'amour
Ça pousse encore
A la maison
On a eu tort
Mais c'est si bon
Regards perdus
Dans le ruisseau
Où va la rue
Comme un bateau
Ça tangue un peu
Dans l'entrepont
C'est laborieux
Mais c'est si bon

Paris je prends
Au cœur de pierre
Un compt' courant
Des bell's manières
Un coup d'chapeau
A l'occasion
il faut c'qui faut
Mais c'est si bon
Des sociétés
Très anonymes
Un député
Que l'on estime
Un p'tit mann'quin
En confection
C'est pas l'bais'-main
Mais c'est si bon

Pass'la monnaie
V'la du clinquant
Un coup d'rabais
And gentleman
Un carnet d'chèque
Sans provision
Faut faire avec
Mais c'est si bon
Un p'tit faubourg
Saint Honoré
Trois petits fours
Et je m'en vais
Surpris'party
Surpris'restons
On est surpris
Mais c'est si bon
Paris flon flon
T'as l'âme en fête
Et des millions
Pour tes poètes
Quelques centimes
A ma chanson
Ça fait la rime
Et c'est si bon

Léo FERRE.

Paris : Bd des Capucines



Claude MONET.

J'aime flâner sur les grands boulevards
Y a tant de choses, tant de choses
Tant de choses à voir
On n'a qu'à choisir au hasard
On s'fait des ampoules
A zigzaguer parmi la foule
J'aime les baraques et les bazars
Les étalages, les loteries
Et les camelots bavards
Qui vous débitent leurs bobards
Ça fait passer l'temps
Et l'on oublie son cafard

Je ne suis pas riche à million
Je suis tourneur chez Citroën
J'peux pas me payer des distractions
Tous les jours de la semaine
Aussi moi, j'ai mes petites manies
Qui me font plaisir et ne coûtent rien
Ainsi, dès le travail fini
Je file entre la porte Saint-Denis
Et le boulevard des Italiens

J'aime flâner sur les grands boulevards
Y a tant de choses, tant de choses
Tant de choses à voir
On y voit des grands jours d'espoir
Des jours de colère
Qui font sortir le populaire
Là vibre le cœur de Paris
Toujours ardent, parfois frondeur
Avec ses chants, ses cris
Et de jolis moments d'histoire
Sont écrits partout le long
De nos grands boulevards

J'aime flâner sur les grands boulevards
Les soirs d'été quand tout le monde
Aime bien se coucher tard
On a des chances d'apercevoir
Deux yeux angéliques
Que l'ont suit jusqu'à République
Puis je retrouve mon petit hôtel
Ma chambre où la fenêtre donne
Sur un coin de ciel
D'où me parviennent comme un appel
Toutes les rumeurs, toutes les lueurs
Du monde enchanteur
Des grands boulevards
Yves MONTAND.

Paris : L'Arc du Triomphe.


Balayé par septembre
Notre amour d'un été
Tristement se démembre
Et se meurt au passé
J'avais beau m'y attendre
Mon cœur vide de tout
Ressemble à s'y méprendre
A Paris au mois d'août

De larmes et de rires
Etait fait notre amour
Qui redoutant le pire
Vivait au jour le jour
Chaque rue, chaque pierre
Semblaient n'être qu'à nous
Nous étions seuls sur terre
A Paris au mois d'août

Pour te dire je t'aime
Aussi loin que tu sois
Une part de moi-même
Reste accrochée à toi
Et l'autre solitaire
Recherche de partout
L'aveuglante lumière
De Paris au mois d'août

Dieu fasse que mon rêve
De retrouver un peu
Du mois d'août sur tes lèvres
De Paris dans tes yeux
Prenne forme et relance
Notre amour un peu fou
Pour que tout recommence
A Paris au mois d'août

Charles AZNAVOUR.

Paris : ses boutiques.


On ne saura jamais
On ne saura jamais
On ne saura jamais
On ne saura jamais

On ne saura jamais
Si c'est en plein jour
Ou c'est la nuit
Que naquît
Dans l'île Saint-Louis
L'ange ou bien le démon
Qui n'a pas de nom
Et que l'on appelle
Aujourd'hui
L'Air de Paris
Peut-être est-il venu
Au coin d'une rue
Comme un enfant perdu
L'Air de Paris
Ou là-haut dans le ciel
Passant d'un coup d'aile
Est-il descendu
Jusqu'à nous
L'Air de Paris

Toi tu es arrivée
Deux mille ans après
Moi je t'ai trouvée
Simplement
Sans te chercher
Devant un café crème
Dans le matin blême
Je t'ai dit je t'aime
Souviens-toi
Nous étions là
Deux ombres que la vie
Avait réunies
En plein cœur de Paris
Tout endormi
On s'est aimé d'amour
Et depuis ce jour
Tout notre passé
S'est changé
En avenir

On ne saura jamais
Si c'est en plein jour
Ou c'est la nuit
Que naquît
L'Air de Paris
On ne saura jamais
Si le même jour
L'Amour vit le jour
Avec lui
Dans l'île Saint-Louis
On ne saura jamais
Si l'Air de Paris
Porte en lui tout l'amour
Du monde entier
Puisqu'il nous l'a donné
A quoi bon chercher
A quoi bon savoir
Ce que l'on ne saura jamais

On ne le saura jamais...

Francis LEMARQUE

mardi 13 juillet 2010

Paris : le Panthéon.


On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

Le jour est venu et moi aussi
Mais j' veux pas être le premier.
Si on avait plus rien à se dire et si et si...

Je fais des détours dans le quartier.
C'est fou qu'un crépuscule de printemps.
Rappelle le même crépuscule qu'il y a 10 ans,
Trottoirs usés par les regards baissés.
Qu'est-ce que j'ai fais de ces années ?

J'ai pas flotté tranquille sur l'eau,
Je n'ai pas nagé le vent dans le dos.
Dernière ligne droite, la rue Souflot,
Combien seront là 4, 3, 2, 1... 0 ?

{Refrain}

J'avais eu si souvent envie d'elle.
La belle Séverine me regardera-t-elle ?
Eric voulait explorer le subconscient.
Remonte-t-il à la surface de temps en temps ?
J'ai un peu peur de traverser l' miroir.
Si j'y allais pas... J' me serais trompé d'un soir.
Devant une vitrine d'antiquités,
J'imagine les retrouvailles de l'amitié.
"T'as pas changé, qu'est-ce que tu deviens ?
Tu t'es mariée, t'as trois gamins.
T'as réussi, tu fais médecin ?
Et toi Pascale, tu t' marres toujours pour rien ?"

{Refrain}

J'ai connu des marées hautes et des marées basses,
Comme vous, comme vous, comme vous.
J'ai rencontré des tempêtes et des bourrasques,
Comme vous, comme vous, comme vous.
Chaque amour morte à une nouvelle a fait place,
Et vous, et vous...et vous ?
Et toi Marco qui ambitionnait simplement d'être heureux dans la vie,
As-tu réussi ton pari ?
Et toi François, et toi Laurence, et toi Marion,
Et toi Gégé...et toi Bruno, et toi Evelyne ?

{Refrain}

Et bien c'est formidable les copains!
On s'est tout dit, on s' sert la main !
On ne peut pas mettre 10 ans sur table
Comme on étale ses lettres au Scrabble.
Dans la vitrine je vois le reflet

D'une lycéenne derrière moi.
Si elle part à gauche, je la suivrai.
Si c'est à droite... Attendez-moi !
Attendez-moi ! Attendez-moi ! Attendez-moi !

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans,
Même jour, même heure, même pommes.
On verra quand on aura 30 ans
Si on est d'venus des grands hommes...
Des grands hommes... des grands hommes...

Tiens si on s' donnait rendez-vous dans 10 ans...

Patrick BRUEL.

Paris : l'Eglise de la Madeleine.


Tant de poètes ont écrit
Des couplets des refrains
Sur Paris
Que je n'sais plus quoi chanter
Pour vanter ta beauté
Mon Paris
Est-ce ceci ou cela
Autre chose ou bien quoi
Je n'sais pas
Pourquoi j'suis tellement ému
En passant dans une rue
De Paris
J'ai trouvé sur les quais en flânant
Un vieux livre jauni par le temps
J'y ai lu les souffrances et les joies
Que tu as connues tout' à la fois
Depuis le temps que tu vis
Tout's tes rues ont écrit
Leurs romans
Romans d'amours qui se nouent
Se dénouent et qui meurent
Doucement

On s'est battu sous tes murs
Chacun de tes pavés
A servi
A défendre la liberté
Qui s'était réfugiée
Dans Paris
C'est la peine de tous les hommes
Qui t'as fait comme tu es
Mon Paris
Ils ont bâti la Concorde
Notre-Dame, les Tuileries
Tout Paris
Ils ont pris la Bastille en chantant
Construit la Tour Eiffel en flânant
Les années ont passé doucement
Mais Paris a gardé ses vingt ans
La Seine a creusé son lit
Entre les quais tout gris
De Paris
Il faut croire qu'elle s'y trouve bien
Puisqu'elle est encore là
Aujourd'hui

Coda :
Est-ce ceci ou cela autre chose ou bien quoi
Je n'sais plus
Pourquoi j'suis tellement ému
En passant dans une rue
De Paris

Francis LEMARQUE.

mardi 6 juillet 2010

Paris : l'Opéra Ganier.


Revoir Paris
Un petit séjour d'un mois
Revoir Paris
Et me retrouver chez moi
Seul sous la pluie
Parmi la foule des grands boulevards
Quelle joie inouïe
D'aller ainsi au hasard
Prendre un taxi

Qui va le long de la Seine
Et me revoici
Au fond du Bois de Vincennes
Roulant joyeux
Vers ma maison de banlieue
Où ma mère m'attend
Les larmes aux yeux
Le cœur content

Mon Dieu que tout le monde est gentil
Mon Dieu quel sourire à la vie
Mon Dieu merci
Mon Dieu merci d'être ici

Ce n'est pas un rêve
C'est l'île d'amour que je vois
Le jour se lève
Et sèche les pleurs des bois
Dans la petite gare
Un sémaphore appelle ces gens
Tous ces braves gens
De la Varenne et de Nogent

Bonjour la vie
Bonjour mon vieux soleil
Bonjour ma mie
Bonjour l'automne vermeil
Je suis un enfant
Rien qu'un enfant tu sais
Je suis un petit Français
Rien qu'un enfant
Tout simplement

Charles TRENET.

Paris : le Musée d'Orsay.



Paris se regarde briller
Dans le miroir glacé
De la Seine tranquille
Paris se regarde grandir
Dans les yeux d'un enfant
Dans son premier sourire
Paris regarde s'éveiller
Ses maisons qui s'allument
Au matin une à une
Paris se regarde flâner
Dans le monde inventé
Par te cœur des poètes

A la ville comme à la Seine
Paris s'habille de poèmes

Paris qui s'écoute chanter
S'émerveille toujours
D'une chanson d'amour
Paris Monsieur de la Palisse
Dirait que chaque année
Il a un an de plus
Paris quand il se voit posé
A cheval sur la Seine
Pense qu'il a eu d'la veine
D'avoir grandi tout doucement
Autour de Notre-Dame
Qui lui prête son âme

En chantant un jour de gloire
Paris a changé son histoire

Paris qui s'est mis en colère
A fait trembler la terre
Par la voix de gavroche
Paris qui n'a pas oublié
Se souvient de tous ceux
Qui lui ont tout donné
Paris même s'il a pris du ventre
A gardé sa jeunesse
II en a à revendre
Paris se retrouve partout
Et les gens de partout
Se retrouvent à Paris

Et Paris qui adore les chansons
Fait chanter tous ses accordéons

Francis LEMARQUE.

Paris : le Louvre et sa Pyramide.


J'allais le long des rues
Comme un enfant perdu
J'étais seul j'avais froid
Toi Paris, tu m'as pris dans tes bras

Je ne la reverrai pas
La fille qui m'a souri
Elle s'est seulement retournée et voilà
Mais dans ses yeux j'ai compris
Que dans la ville de pierre
Où l'on se sent étranger
Il y a toujours du bonheur dans l'air
Pour ceux qui veulent s'aimer
Et le cœur de la ville
A battu sous mes pas
De Passy à Belleville
Toi Paris, tu m'as pris dans tes bras

Le long des Champs Elysées
Les lumières qui viennent là
Quand j'ai croisé les terrasses des cafés
Elles m'ont tendu leurs fauteuils
Saint-Germain m'a dit bonjour
Rue Saint-Benoît, rue Dufour
J'ai fait danser pendant toute la nuit
Les filles les plus jolies
Au petit matin blême
Devant le dernier crème
J'ai fermé mes yeux là
Toi Paris, tu m'as pris dans tes bras

Sur les quais de l'île Saint-Louis
Des pêcheurs, des amoureux
Je les enviais mais la Seine m'a dit
Viens donc t'asseoir avec eux
Je le sais aujourd'hui
Nous sommes deux amis
Merci du fond de moi
Toi Paris, je suis bien dans tes bras
Toi Paris, je suis bien dans tes bras
Toi Paris, je suis bien dans tes bras
Toi Paris, je suis bien dans tes bras.

Enrico MACIAS.

Paris : la Place Vendôme.


On se rappelle les chansons.
Un soir d'hiver, un frais visage,
La scène à marchands de marrons,
Une chambre au cinquième étage,
Les cafés crèmes du matin,
Montparnasse, le Café du Dôme,
Les faubourgs, le Quartier latin,
Les Tuileries et la Place Vendôme.

Paris, c'était la gaieté, Paris,
C'était la douceur aussi.
C'était notre tendresse.
Paris, tes gamins, tes artisans,
Tes camelots et tes agents
Et tes matins de printemps,
Paris, l'odeur de ton pavé d'oies,
De tes marronniers, du bois,
Je pense à toi sans cesse.
Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
On se retrouvera tous les deux,
Mon grand Paris.

Évidemment, il y a parfois
Les heures un peu difficiles
Mais tout s'arrange bien, ma foi.
Avec Paris, c'est si facile.
Pour moi, Paris, c'est les beaux jours
Les airs légers, graves ou tendres.
Pour moi, Paris, c'est mes amours
Et mon cœur ne peut se reprendre.

Paris, tu es ma gaieté, Paris.
Tu es ma douceur aussi.
Tu es toute ma tendresse.
Paris, tes gamins, tes artisans,
Tes camelots et tes agents
Et tes matins de printemps,
Paris, l'odeur de ton pavé d'oies,
De tes marronniers, du bois.
Je pense à toi sans cesse.
Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
On se retrouvera tous les deux,
Mon grand Paris.

Edith PIAF.

Paris : le Forum des Halles.


Où est passé Paris ma rose ?
Paris sur Seine la bouclée ?
Sont partis emportant la clé
Les nonchalants du long des quais
Paris ma rose

Où sont-ils passée Villon et ses filles ?
Où est-il passé Jenin l'Avenu ?
Et le chemin vert, qu'est-il devenu
Lui qui serpentait près de la Bastille ?

Où est passé Paris la grise ?
Paris sur brume, la mouillée ?
L'est partie Paris l'oubliée
Partie sur la pointe des pieds
Paris la grise

Où sont-ils passés ceux qui fraternisent
Avec les murailles et les graffitis ?
Ces soleils de craie où sont-ils partis
Qui faisaient l'amour au mur des églises ?

Où est passée Paris la rouge ?
La Commune des sans-souliers ?
S'est perdue vers Aubervillers
Où vers Nanterre l'embourbée
Paris la rouge

Où est-il passé Clément des cerises ?
Est-elle fermée la longue douleur
Du temps où les gars avaient si grand cœur
Qu'on n'voyait que lui au trou des chemises ?

Où est passé Paris que j'aime
Paris que j'aime et qui n'est plus.


Serge REGGIANI.